LE 2 SEPTEMBRE 1944

          

                            Le Samedi 02 Septembre 1944    

                                                                 

                      GOVILLER

                       ALLAIT-IL

                        BRULER

 

        Une matinée comme les autres à Goviller, ce Samedi 2 Septembre 1944, bien que pluvieuse. En vue d’un nouveau  parachutage sur le terrain de la Jacquette,

(le premier a eu leu le 29 Août) le groupe de

 combat du lieutenant Fournier est cantonné à

 la ferme de  (Naraulieu) pour assurer la

 sécurité de celui ci .Les postes de garde sont échelonnés tout autour de l’objectif. La ferme elle-même est sous bonne garde. Mr Jeandel et sa sœur Lucienne, les fermiers, vaquent à leurs occupations quotidiennes à la ferme ou aux champs quand les maquisards s’éveillent. Le sergent François a procédé à la relève des postes de retour vers 8 heures « Rien à signaler mon LT ! » Aux dernières nouvelles, le PC des troupes américaines est installé à Colombey-les-Belles, la libération est proche dit le LT à ses hommes. Le LT donne ses consignes à ses adjoints pour aller parcourir le terrain. Vers 10H30 profitant d’une éclaircie il partit confiant, seul, longeant le petit chemin qui va de la ferme au village, arrivé au pied du Mont d’Anon, il leva les yeux, de là-haut il est possible d’observer des étendues considérables, « tiens si je passe voir Bob et Lenoir qui sont aux poste de garde ! » Il grimpe alors le raidillon pour les rejoindre, mais une clôture de parc le contraint à s’arrêter, soudain une fusillade éclate, il se jette à terre et s’emmêle dans les barbelés. Touché grièvement au poumon, ne voulant pas se faire prendre vivant par l’ennemi, il décide de se tirer une balle dans la tête. Vers 13 heures, à la ferme l’inquiétude fait place, le LT n’est pas rentré ! Le sergent François désigne Gilles et Arthur pour une patrouille vers le Mont d’Anon Ils abordent par l’ouest et approchent du poste que le LT devait rejoindre. Gilles est étonné de ne pas être repéré par le poste de garde, il pense que les sentinelles sont en train de dormir :“et si nous leur donnions une leçon à ces gaillards“. Les sentinelles, qui  ont en réalité changé d’uniforme, sont surprises par les deux maquisards, mais quel n’est pas  l’effarement de ceux-ci lorsqu’ils reconnaissent en eux l’ennemi. Des allemands ! s’exclame Gilles. Le moment de surprise passé, l’ennemi ouvre le feu. Sans perdre de temps, les deux hommes battent en retraite, regagnent la ferme où ils donnent l’alerte. Les sergents François et Henri, alertes par la fusillade, sont prêts pour une intervention rapide et prennent sans tarder des initiatives. Sans nouvelles du LT le groupe se porte vers le bois et profitant du couvert pour faire une marche d’approche, se déploie en tirailleurs. Le groupe de Fournier pénètre dans le taillis face à l’est et se trouve face à face  avec l’ennemi dans le rang duquel le fusil-mitrailleur fait des ravages. La retraite lui est coupée sur la route de Vézelise, aussi se défend-il âprement.

La pluie se remet à tomber. La bataille est acharnée, mais l’effectif est trop faible pour boucler le bois, l’ennemi arrive à décrocher. François renonce à engager la poursuite : il faut retrouver Fournier, Bob et Lenoir, pour cela le ratissage du bois  s’impose.

C’est une patrouille qui découvre le corps du LT Fournier à 150 mètres des taillis. Les recherches  se poursuivent en direction de Selaincourt avant de regagner la ferme mais Bob et Lenoir demeurent introuvables, probablement emmenés par l’ennemi. La troupe est désemparée devant la disparition de son chef. François fait en hâte un rapport qui est acheminé au Ménil, puis le petit groupe quitte la ferme, se dirigeant vers Selaincourt, Mr Jeandel ayant signalé la présence de soldats américains.

Pendant ce temps dans le village personne ne pense qu’un drame se passe non loin. Le village attend l’arrivé des américains qui étaient parvenus dans le secteur. Goviller était en train de se préparer pour les accueillir, mais ce n’est pas ce qu’ils attendaient qui arriva. Car les allemands se replient sur Goviller sans doute pour  venger leurs camarades morts dans les bois  et répondre aux tirs qu’ils avaient essuyes l’après-midi aussi.Les villageois se mirent à l’abri et les hommes,se  cachérent sous les toits ou dans les tas de foin ou ont quitté le village pour rejoindre Dolcourl . Le groupe de SS arrive vers

16 heures et parcourt les rues en tirant dans les

 fenêtres et les portes, pénétrant dans les demeures

 pour faire sortir les hommes qui furent conduits

sur la place publique (face au café Décle). Mr Neveux, instituteur fut déclaré premier otage et conduit à travers les rues de la localité sous la menace constante des armes vers le lieu du rassemblement des allemands qui prétendaient que des terroristes  se cachaient dans le village ,et que la population les secourait : il leur fallait donc des otages, car les clochers de Favieres et Selaincourt s’envolaient de joie : ils venaient d’être liberés. Les allemands savaient qu’ils ne leur restent plus longtemps avant que les forces de libération arrivent.

 L’instituteur serait fusillé devant les hommes du village réunis, des perquisitions sévères allaient être opérées et en cas de découverte de terroristes, d’armes ou de munitions le village serait mis à feu et à sang. Tenant tête aux soldats et grâce à ses connaissances de la langue allemande , l’instituteur finit par les persuader qu’on ne pouvait pas avoir tiré sur eux, que si des combats s’étaient livrés dans les bois environnants ,les habitants ne pouvaient pas être déclarés responsables et qu’aucun terroriste n’avait été découvert à cette heure (17H30) dans la localité, ni aucune arme , ni munition .

Le sergent commandant le groupe, demande que le maire le rejoigne sinon il ne relacherait pas les otages. Le maire qui était parti avec les hommes du village lors de la rafle est revenu pour parlementer avec le commandant. Le chef finit tout de même par entendre raison .les hommes arrêtés furent renvoyés à leur domicile(Mr Savoy, Mr Greiner, Mr Desmarais,Mr Mairesse ,Mr Décle et le maire) avec défense exprès de sortir des demeures. L’instituteur s’est vue trouvé en garde à vue Mr Gougon Maurice reste avec.

Une annonce par voix de tambour (Mme Druaux Marguerite) fut imposée par les soldats allemands annonçant qu’ils menaçaient le village des pires représailles ….. Le village entier sera anéanti…. Das ganze Dorf wird vernichtet…… !

Sur ce le Capitaine SS s’installa dans le café restaurant du Centre , pour se faire préparer un repas frugal.Ce repas bien arrosé serait sans doute le prélude d’un massacre ……Mme Dècle qui était blessée à l’épaule par une balle et menacée par les armes. La restauratrice leur prépara une omelette et les soldats se mirent pieds nus en buvant de la mirabelle , puis se mirent à le manger. Le docteur Jacquet de Vézelise membre du GL 42 qui bénéficiâit d’un “ausweis“ arriva,rentra dans le café avec Mlle Thouvenin  (infirmière au 17e groupe de maquisards de Colombey-les-Belles) un peu appeurés. Le capitaine allemand les remarqua et leur dit : «les soldats allemands sont toujours corrects » et pourtant  ils se livraient à des beuveries avec les victuailles qu’ils venaient de voler lors des perquisitions. Le médecin donna les premiers soins à Mme Dècle.

Les maquisards qui allaient arriver à Selaincourt sont rejoints par des jeunes filles qui venaient de Goviller en marche forcée, elles n’en peuvent plus. Haletantes, bouleversées, elles disent : les allemands veulent mettre Goviller à feu et à sang ! Ils prennent des otages, venez vite !

Une nouvelle mission les attendait, attaquer Goviller pour libérer le village des occupants. Sans hésitation, la troupe se divise en deux groupes armés d’un F.M, profitant du couvert, cheminant le long du ruisseau, le sergent Henri et son groupe pénètrent dans le village par la nationale 904, tandis que le sergent François et ses hommes vont attaquer par la même route du coté Vézelise, prenant ainsi l’ennemi en tenaille .Henri arriva au cœur du village place de la mairie sans accrocher l’ennemi. Les deux groupe se rejoignent, étonnés de ne pas avoir de résistance ; le village est désert .Une jeune femme s’approche du groupe les maquisards les informe que les SS sont au café du centre. A nouveau sescindent en deux .Henri attaque avec le F.M et « la limace » en couverture tandis que le sergent François sous la conduite de Mlle Touvenin qui venez de les rejoindre, contourne la maison pour la prendre à revers, coté jardin. Une fausse manœuvre, et c’est raté.

Le médecin ressorte du café quand il voit un groupe de maquisards qui progressait dans une rue latérale .les allemands aussi :le F.M entre en action quelques minutes trop tôt et l’ennemi subit une nouvelle fois des pertes, les maquisards arrivent à la hauteur du café et dans l’espoir de  faire le vide, lancent  plusieurs grenades dans la salle où se trouve l’ennemi. Un soldat à renvoyé une des grenades à l’extérieur , les soldats rescapés étaient attendus par le F.M. Presque tout le groupe était anéanti.les autres se sont enfuis par l’arrière du café pieds nu n’ayant pas eu le temps de remettre leurs chaussures pour rejoindre leurs camarades,car le deux groupe de maquisards  n’étaient pas encore en place, Le capitaine SS était mort.les allemands pour se  venger se mirent à arroser le village à la mitrailleuse pour essayer de mettre le feu avec des balles incendiaires deux immeubles sont la proie des flammes dans la rue cobarail . Il est 19 heures Mme Thouvenin se porte à la rencontre d’un groupe qui venait  d’être renforcé par les maquisards de Selaincourt et de Crépey.Le dernier allemand qui se trouvait dans le clocher, blessa Mme Thouveninà la cuisse avant de tomber sous les balles des maquisards.

Le sergent François, qui craint un retour des allemands, demande du secours au maquis de Vaucouleurs car il ne leur restait plus grand-chose en munitions au renseignment que les allemands ne savaient pas.  En soirée le renfort d’une Compagnie et des gendarmes de Vézelise arrivèrent.

Toute la nuit, sous la pluie diluvienne, les pompiers de colombey et Vandeleville luttèrent contre les incendies pour que le village échappe à la catastrophe.

L’instituteur  Mr Neveux a été libéré.

 

Le dimanche 3 septembre  la compagnie Fournier  va  récupérer le corps du LT, et le dépose à l’église et lui rend les honneurs, puis le groupe du GL 42 qui vient de sauver le village repart rejoindre Le Ménil-Mitry.

 

Les américains arrivent le Lundi 4 septembre dans le village de Goviller enfin libre.

Toute la gratitude va :

 

Vers ces hommes de l’ombre qui ont fait que

le village ne soit pas rasé par le SS .

Le groupe  Lorraine 42

 

A Mr Neveux qui malgré les menaces de mort,

a tenu  tête aux   allemands vêtus de noir et

décorés de la tête de mort pour que les hommes

du village ne soit pas fusillées et que le village soit rasé. 

  

 

   Lieutenant  Fournier : Qui s’est donné la mort

   pour ne pas être prit par l’ennemi, trouvé mort

   le Samedi 2 septembre 1944    

 

    Sergent François : Rani François

    Sergent Henri : Carquin Henri

 

    La limace : Gallina Mathieu

 

   Gilles : Glin Gilbert

   Arthur : Aubry Maurice

   

     Mme Thouvenin  Marie-Antoinette       infirmiére au 17éme

     groupe de maquisard de Colombey-les-Belles.

 

     Mr Jacquet          Docteur

 

    Les deux maquisards qui étaient au poste de garde : 

     Bob : Mr Bockser  Jean (orthographié Bauxerre) corp et     retrouvé le lendemain mort.

 

     Lenoir : Mr Burgel  Jules  corps non retrouvé.

 

    Ce récit est tiré de documents et de témoinages de personnes du

    village.Je tiens à remercier toutes les personnes qui m’ont

   apporté leur concours pour la réalisation de cet expositon.

 

    -Livre le Du crepuscule a l’aube de Charles Daniel 

    -Documents prêtés par Mr Neveux

    -Articles de journaux

    -Témoinage de Mr Neveux Marcel , Mme simonin Huguette    

    et Mr vallance René.

    Photos :Mr Meveux ,  la famille Daniel et Mr Jeandel